Eléments de contexte
L'industrie de la chaussure a une très longue histoire, significative des conditions de production et de distribution propre à chaque période, à chaque contexte géographique. Tous ces modèles économiques se cumulent aujourd'hui sur la planète : de l'artisanat local à la confection sur mesure dans les pays développés, de la moyenne industrie manufacturière aux grandes productions d'Asie du Sud-est symboles de la mondialisation.
Ce phénomène accéléré de mondialisation a des répercussions importantes sur les contextes locaux de production. En Europe, si les industries italiennes se maintiennent dans une logique de luxe, les industries françaises de moyen et haut de gamme sont en grande difficulté. Enfin les pays du pourtour méditérranéen peinent à conserver leur marché du fait de la concurrence disproportionnée des pays d'Asie du Sud-est.
De fait, la Commission Européenne ayant constatée l'ampleur des déséquilibres créés par les importations notamment chinoises sur les prix et les marchés, a décidé de relever les taux de douane appliqués à ces produits. La guerre commerciale semble déclarée. Pour autant les principales marques européennes sont les premières importatrices des produits sud asiatiques. Certaines ayant sciemment retiré leurs unités de production nationale pour fabriquer dans ces pays, conservant le prestige de la marque et les taux de rentabilité exigés par les actionnaires financiers.
Du local à l'international, de l'artisanat à la fabrication industrielle, y a-t-il une autre façon de marcher ? La délocalisation de notre production nationale est-elle inévitable? Doit-on forcément acheter des matières premières au Sud et fabriquer dans des pays à faible coût de main d'oeuvre?
Quelle éthique dans la création et la production de chaussure?
Repenser aujourd'hui un produit aussi universel que la chaussure, c'est tout simplement répondre à la demande des consommateurs qui veulent consommer différemment et qui ne trouvent pas chaussure à leur pied…
La consommation responsable d'un produit comme la chaussure s'oppose par nature à une consommation à la fois standardisée et impulsive, où la multiplication des lignes créée l'impression du choix, alors que tout a été pensé en terme de marketing.
La chaussure est un accessoire essentiel pour l'allure d'une femme. La conception répond ici précisément à la demande d'une forme épurée et efficace à partir de laquelle on peut composer autant de modèles différents, construits en petites séries qui recréent une approche artisanale de la chaussure.
C'est pourquoi Moyi ekolo fonde ses créations sur une conception de l'équité reliant les consommateurs et les producteurs au Nord comme avec le Sud de façon à :
1. Sauvergarder les savoir faire locaux
Depuis plus de deux cent ans, à Romans sur Isère dans la Drôme, l'artisanat et l'industrie de la chaussure ont donné du travail à des milliers de personnes. Si le bassin économique a vécu régulièrement des crises, il a su rebondir. A l'été 2005, les trois dernières entreprises (Charles Jourdan, Stéphane Kélian, Robert Clergerie) ont vécu des épisodes graves qui ont mis en péril l'économie locale.
Malgré l'intervention des pouvoirs publics, l'avenir n'est pas assuré. Enfin, à l'automne 2007, Charles Jourdan est placé en liquidation judiciaire...Pour ne pas se résoudre à perdre autant de compétences (tanneries, atelier d'outils, assemblage etc.), réunies sur un même territoire, pour soutenir les démarches créatives et dynamiques qui apparaissent aujourd'hui, Moyi ekolo démarre sa production sur une petite unité de production (5 personnes) composée d'anciens employés des entreprises locales. La production est ainsi synonyme de qualité et de solidarité. En 2009, Moyi ekolo poursuit son projet dans les mêmes logiques dans le bassin industriel du Choletais auprès d'une unité spécialisée dans les chaussures écologiques.
2. Offrir de nouveaux débouchés aux produits artisanaux issus du commerce équitable
Fabriquer au Nord ne doit pas être un réflexe protectionniste, un patriotisme économique qui refuserait de considérer les réalités d'une économie mondialisée dans ses aspects négatifs comme positifs pour les pays en développement. Des créateurs, au Nord, ont ainsi développé des filières de production "équitables" avec des artisans du Sud. Pour soutenir ces filières en découvrant de nouveaux débouchés, Moyi ekolo s'associe avec les créateurs pour valoriser les filières du Sud dont les produits viennent ornementer les tiges (bijoux, tresses, etc).
3. N'utiliser que des matières écologiques
L'industrie de la chaussure a longtemps été une industrie très polluante dans la tannerie comme dans l'assemblage par l'usage de matières toxiques (chromes, solvants etc.). Si les fabrcants européens ont dû logiquement se plier à de nouvelles règles, ce n'est pas le cas de tous les pays en développement. Le choix des matières est une priorité pour Moyi ekolo qui utilise un cuir d'origine européenne (Espagne) tanné végétal de la meilleure qualité. Les semelles sont en lactae hévéa sans transformation chimique, moulée selon un procédé unique en Europe par un producteur de l'Isère.
Pour toutes ces raisons, Moyi ekolo souhaite travailler avec
l'association MINGA un processus de certification de sa production.
Histoire et principes d'une marque